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Lundi 12 décembre 2005
Noël, J-12.

 Désolée de commencer d'emblée comme ça avec un compte à rebours, je sais que ça met un peu la pression, mais c'est pour planter le décor et donner le ton. D'ailleurs c'est inexact. Noël est dans 13 jours. Ce qui s'approche lentement et inexorablement, ce monstre tentaculaire dont la silhouette grossit à l'horizon, de plus en plus menaçante, et qui n'est plus qu'à douze jours de brasse de nos rivages, n'est rien de moins que le Très Terrible Vingt-Quatre Décembre, alias Veille de Noël, alias Christmas Eve, alias La Grosse Bouffe, alias Depression Night, alias mon anniversaire.

Pour des raisons de vieillissement mental (précoce?), d'innocence perdue et de lassitude exacerbée déjà exposées précédemment, la période pré-Noël, si magique et excitante autrefois, a cessé d'exercer sur moi  son annuel et habituel envoûtement. C'est d'un oeil morne que j'ai assisté à la visite éclair de Saint-Nicolas, ce chevalier d’une époque révolue dont j'attendais la venue avec une anxiété à peine descriptible. Les enfants d'aujourd'hui sont d'ailleurs à ce sujet désespérants de perspicacité. Vous connaissez encore beaucoup de gosses de plus de 5 ans qui y croient sincèrement, à Saint-Nicolas? Moi pas, et j'en suis bien triste. Le territoire concédé de nos jours aux héros, légendes et créatures fantastiques et de plus en plus restreint; il ne se passe pas un jour sans que je croise dans les transports en commun ou devant le FOREM  une fée, un super-héros, un saint ou une licorne, avec dans une main un maigre baluchon contenant les reliques de sa gloire passée, et dans l'autre son CV, réinsertion oblige (une société efficace ne tolère pas de déchets ni de désoeuvrés, enfin, en théorie...)

C'est un fait : qu'elles soient païennes ou religieuses, les fêtes qui ponctuent notre calendrier ont aujourd'hui perdu leur saveur et leur sens, de même que la moyenne populaire, en devenant moins crédule, a perdu sa foi. Entendons-nous bien: il ne s'agit pas ici d'une énième apologie de l'Eglise chrétienne, dont la clientèle se fait cruellement rare, ni pour le fan-club Jésus et Cie. Bien qu'élevée, comme beaucoup d'entre nous dans ce pays et sur ce continent, dans un contexte chrétien (et carrément catholique), la sus-nommée n'est ni croyante ni pratiquante (si le premier peut se passer du second, le second a trop souvent tendance à se passer du premier). Simplement, j'aimerais m'interroger ici sur le rapport qui existe entre les mots "foi" et "crédulité". Si les origines divergent, les sens dans une certaine mesure se rejoignent. "Je crois". Aujourd'hui, nous ne croyons plus. Nous sommes sûrs. Tout est quantifié, mesuré, analysé, fouillé, certifié, authentifié. Il n'y a plus de place pour la crédulité, ni pour la foi. Pourquoi faire? Puisqu’on a les moyens de vérifier...Et de ces fêtes truffées de messages et ourlées de rituels, le sens s'est évaporé ; ne restent plus que des comportements acquis, singés de génération en génération, et de plus en plus dilués dans la culture matérialiste d'aujourd'hui: repas pantagruéliques, beuveries, avalanche de cadeaux aussi somptueux qu'inutiles. Le partage, l'attente et la sobriété qui permettaient  de savourer le repas (aussi modeste soit-il) à sa juste valeur, la joie de se réunir, tout cela a disparu. Enfin pas chez tout le monde, j'ose l'espérer.

Je ne veux pas être moraliste, je ne suis pas mieux que les autres, même si j'ai mauvaise conscience.  Mais je me tais et fais bonne figure, au risque de me faire incendier au son de "Tu gâches la soirée de tout le monde" ou de "c'est ton anniversaire, tu pourrais sourire au moins". C'est décidé, l'an prochain, je passerai les fêtes comme bénévole aux Restos du Coeur.

Et un Joyeux Noël à vous.

Par Cinizz - Publié dans : cinizzattic
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Commentaires

...Inutile de dire que je suis d'accord avec toi. Mais si tu veux, l'année prochaine tu pourras venir chez moi... personne fait chier et on mange "meme" de la viande, LOL.
***Bientot le Nouvel An...***
Commentaire n°1 posté par Co le 12/12/2005 à 18h39
J'allais écrire un article du même genre justement, sur le véritable fondement des fêtes à la base religieuses. Tu as exprimé tout ça mieux que je ne saurais le faire, et tu as raison. Je me demande quand même le nombre de personnes qui fêtent encore Noël avec l'esprit originel... pas moi, ça c'est clair, mais tout le monde semble opportuniste à cette période. On fait la fête et on ne sait pas pourquoi, mais on s'en fout vu qu'on bouffe comme des porcs. Idem à Pâques, mais un peu moins. Enfin, j'ai une tendance opportuniste, alors je profite aussi^^.

Cependant je me demande si Noël ce n'est pas quand même plus que ça... si, après tout, quelque chose avait subsisté. Une sorte "d'esprit"... car honnêtement, si cet esprit existe bel et bien, si les gens ont plus facilement tendance à aller vers l'autre, alors il ne s'agit que d'une évolution du concept de base, et c'est plutôt positif. Maintenant, encore faut-il passer Noël avec des gens à qui on a vraiment envie de faire plaisir...
Commentaire n°2 posté par Sk0l le 14/12/2005 à 16h05
Les Restos du Foie

Certes mon amour n’est pas des plus profonds pour cette période d’augmentation de la consommation de la fée électricité (qui n’est donc plus vierge depuis longtemps) et d’achats de parures dorées kitschissimes pour garnir le roi des forêts. Certes cet amour est aussi intense que le goût des nic-nac du fond de tiroirs de chez toutes les grand-mères. Mais je ne vois pas en votre profession de foie une bonne manière de montrer que la commémoration de la naissance de l’homme en blanc, contient toutes les formes réquièmiques de la société. Avec cet ersatz de pamphlet contre tout et pratiquement rien, j’ai l’impression que tel cet étrange animal dépourvu de poil, mais point de langue fourchue, vous vous mordez le postérieur.
Finalement qui ne croit plus ? L’enfant de 5ans qui doute en l’existence d’un grand barbu parce qu’il a trop souvent un pansement sur sa mitre plutôt qu’une croix et qui dès qu’il le peut se plonge dans l’univers d’Harry Potter pour appeler ses parents « Pauvres Moldus ». Ou est-ce plutôt cette grand-mère qui fête Noël en offrant des cadeaux gigantesques à ces petits enfants pour leur sourire et qui tout les mois dans l’anonymat le plus complet et sans même que l’un de ses propres enfants (qu’elle ne voit qu’une fois par an à Noël) ne le sachent, donnent à médecins sans frontières 3euros. Ou alors enfin, la personne qui voit en l’Humanité, un rassemblement de gens par mis lesquels elle ne trouve pas sa place, non pas parce qu’elle est différente mais parce qu’elle pense que les autres le sont. Oui, moi même j’ai eu l’audace de croire que j’étais un PIP, premier par mis les pairs, mais non je suis un, un un comme tout le monde et pas le plus beau ni le moins beau, je suis une société qui me fait et je fais la société. Et excusez moi donc de croire en une Humanité qui, malgré ses excès, arrivent à ne pas s’engluer dans le pessimisme. Tout n’est pas noir, et avant de ce faire absorber par un trou de la même couleur, je pense que vous devriez dire je croîs, plus que je crois. Grandissez donc un peu en ne perdant pas de vu que toutes choses qui n’est pas bonnes n’est pas foncièrement mauvaises (y compris Noël).

Enfin, je ne m’épancherai pas sur ce que j’appelle les charitables épisodiques dont vous ferrez sans doute partie la veille de la commémoration de l’âne et du bœuf l’an prochain car après tout cela n’était pas à l’ordre du jour dans mon agenda et de plus je vous aime bien quand même.
Commentaire n°3 posté par Pinocchio le 15/12/2005 à 14h03
Beaucoup de blabla pour pas grand chose, finalement, Mr Pinocchio. Je suis aussi partisan d'un plus grand optimisme en général, mais connaissant Cinizz "dans la vraie vie", je puis affirmer que si ses dires te semblent pessimistes, c'est peut-être que tu ne la connais pas. Facile de juger et de sortir les grands mots, les belles expressions, encore faut-il essayer de se mettre dans la peau des gens. Certaines personnes ont en effet besoin d'exprimer une sorte de pessimisme mais n'en sont pas pour autant foncièrement négatives.

Sans rancune ;)
Commentaire n°4 posté par MetlFixxxer le 15/12/2005 à 19h20
Well, you're my friend
And can you see
Many times we've been out drinking
Many times we've shared our thoughts
Did you ever, ever notice, the kind of thoughts I got
Well you know I have a love, for everyone I know
And you know I have a drive, for life I won't let go
But sometimes this opposition, comes rising up in me
This terrible imposition, comes blacking through my mind

And then I see a darkness
Oh no, I see a darkness
Do you know how much I love you
Cause I'm hoping some day soon
You'll save me from this darkness

Well I hope that someday soon
We'll find peace in our lives
Together or apart
Alone or with our wives
And we can stop our whoring
And draw the smiles inside
And light it up forever
And never go to sleep
My best unbeaten brother
That isn't all I see

And then I see a darkness
Oh no, I see a darkness
Do you know how much I love you
Cause I'm hoping some day soon
You'll save me from this darkness

Commentaire n°5 posté par No comment le 20/12/2005 à 13h48

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